Rendre la Penfeld à ses riverains

Une reconversion souhaitée

 

 

Ville océane tournée vers la mer, Brest est plus connue pour son positionnement à la pointe de l’Europe, son port, l’abri de sa rade, sa base navale et moins pour la rivière qui la traverse : la Penfeld. Ce fleuve côtier se jette dans une rade fermée par un étroit goulet débouchant sur l’océan Atlantique. Les rives encaissées de la Penfeld sont le cœur historique de la ville, le berceau de la cité.

 

Depuis Colbert, la Marine Nationale occupe en totalité les rives. Avec le désengagement  de la Marine de certains sites militaires, une opportunité s’offre aux brestois de se réapproprier les berges de la Penfeld. Ces endroits inaccessibles provoquent une réelle césure dans le paysage. Pourtant les friches militaires représentent une belle occasion de remettre en scène la Penfeld. L’opportunité est grande de repenser le paysage de ces rives.

 

 Le sujet est d’actualité puisqu’il s’inscrit dans le programme de requalification des sites militaires. Il a été mise en place par la Marine Nationale dès 2005 afin de concentrer les activités militaires plus en aval de la Penfeld vers la base de Laninon.

 

 

Les sites à libérer représentent un réel enjeu et une contribution face à l’étalement urbain en conservant un part de nature en ville. Ces aménagements des rives pourraient engendrer une nouvelle centralité pour la ville qui jusqu'à peu s’est essentiellement développée de part et d’autre sur ces plateaux.

 

 

En s’accaparant la Penfeld, la Marine l’a transformée en une succession de sites atypiques. J’y ai découvert l’existence d’une île artificielle appelée île Factice, des digues et des polders dans le lit de la rivière qui font de la Penfeld, une succession de lacs marqués par cette fausse île.  Sans compter que la partie avale de la rivière reste propriété de la Marine Nationale, pour le moment et est encore fermée au public.

 

Un des éléments clés de ma réflexion est de mettre le bien être de l’habitant  au cœur du projet. Dans cette optique, j’ai rencontré de nombreux Brestois, des responsables d’associations et un urbaniste. Ceci pour mieux comprendre les attentes de chacun vis-à-vis  de l’ouverture au public de ces délaissés en amont de la rivière. Leurs témoignages ont ainsi enrichi cette étude.

 


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LE BOULEVARD SCHUMANN,  UNE ÉPINE AU CŒUR DE LILLE METROPOLE COMMUNAUTE URBAINE

UN PROJET URBAIN AU PROFIT D’UN PAYSAGE OUBLIÉ

 

Le boulevard Schumann situé entre Euralille et la Citadelle est un résidu de périphérique en impasse sur la Porte d’Ypres. Autour de cet axe, les communes de Lille, de La Madeleine et de St André Lez Lille se tournent le dos. Les abords de cette voie rapide (70 ha) sont un tissu lâche d’espaces indéfinis regroupant une juxtaposition d’équipements : jardins ouvriers, terrains de sports, morceaux de parcs plaqués sur une topographie complexe résultante de la rencontre de la rocade et des contreforts Vauban de Lille. Pourtant, à chacune de ses extrémités se situent deux centres d’impulsions :

 

A l’Est, Euralille, turbine de l’économie tertiaire
A l’Ouest, la Citadelle de Lille, objet de patrimoine et base de loisirs

 

La transformation de l’axe Schumann en boulevard urbain s’inscrit dans la politique d’aménage­ment de la LMCU initiée sur des secteurs comme Euralille ou Porte de Valenciennes. Le projet prend le parti de déplacer le boulevard démêlant un nœud fabriqué par la superposition de la Basse Deûle, de l’actuelle rocade et des rails aériens Eurostar. Ce décalage de l’infrastructure génère une nouvelle topographie affirmée et dessinée. C’est aussi une manière de retourner la ville de la Made­leine sur de nouveaux quartiers et de fabriquer une nouvelle centralité entre un port, un théâtre, une entrée de ville et un parc. Le projet regroupe deux programmes forts de l’agglomération qui s’ignoraient jusqu’alors : le projet Cœur de Deûle et le tracé d’un nouveau tramway reliant les communes de Lille, La Madeleine et St André Lez Lille.

 

 

En attendant une maîtrise foncière totale du secteur pour permettre le déplacement et l’aménagement du boulevard urbain, trois sites sont aménagés ; futures accroches du parc urbain :

 

La réouverture de la Basse Deûle sur le quartier St Hélène pérennise la situation du comptoir des matériaux, entreprise qui réceptionnera un maximum de matière première par voie fluviale pour les futurs chantiers de l’opération.
Le défrichement de la plaine de la poterne met en valeur le patrimoine architectural des remparts Vauban et conforte la situation des jardins ouvriers dans un cadre exceptionnel.
L’aménagement de l’avenue du peuple Belge en un parvis piéton en relation avec l’ancien Hospice général de Lille fabrique une place polyvalente (marché, parking). C’est aussi un nouvel outil de gestion des eaux pluviales pour désengorger le réseau unitaire saturé du quartier.

 

Cette première phase, permet de préparer l’arrivée du boulevard urbain et de son tramway, facteurs essentiels pour l’émergence de nouveaux quartiers en balcon sur les anciens remparts de Lille :

 

La Porte de Gant est un quartier tertiaire faisant écho aux tours d’Euralille du secteur Romarin.
L’entrée de ville Winston Churchill est un quartier commerçant et culturel (théâtre, cinéma, centre commercial)

Le parc intercommunal est une suture entre les communes qui l’entourent. C’est un espace de vie qui regroupe des usages diversifiés : des équipements sportifs, des jardins ouvriers, un port.

 


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LES ÉLÉMENTS PATRIMONIAUX COMME SUPPORT DE DÉVELOPPEMENT  ÉCONOMIQUE & PAYSAGER D’UN TERRITOIRE

 

Requalification des anciennes mines de bauxite de peygRos, valoRisation de l’ancien domaine abbatial de l’abbaye  du thoRonet & Révélation d’un patRimoine oublié

 

Le Thoronet est une commune située au coeur du département du Var. Elle abrite, au sein de la forêt Domaniale de la Darboussière, deux joyaux patrimoniaux : une abbaye cistercienne du XIIeme siècle  qui n’accueille aujourd’hui plus aucune activité religieuse. Elle est mondialement reconnue et bénéficie d’une surprotection patrimoniale. Puis, à  seulement quelques centaines de mètres de celle-ci, une monumentale mine à ciel ouvert désaffectée de bauxite que

les pouvoirs politiques cherchent aujourd’hui à cacher aux yeux de tous.

 

Depuis des siècles, de nombreux acteurs publics et privés, aux compétences multiples, agriculteurs, cisterciens,  mineurs, sylviculteurs ont modelé, sculpté et animé ce territoire. A présent, chacun travaille de manière isolée, parfois détaché de celui-ci.

 

Après une étude approfondie et minutieuse de ce territoire, de nombreuses et diverses  problématiques demeurent : agricoles, forestières, patrimoniales, paysagères et écologiques.

 

• à l’échelle du Var, le coût du foncier est trop élevé pour permettre à l’agriculture de se maintenir ou de se  développer

 

• on observe un fort pourcentage de parcelles privées et extrêmement morcelées

 

• le fait précédent génère une gestion aléatoire et quasi nulle de la forêt méditerranéenne en place, augmentant  ainsi les risques liés aux incendies de forêt. Au Thoronet, cela constitue une réelle menace pour l’abbaye et tend peu  à peu vers une homogénéisation et une fermeture des paysages et des milieux.

 

• la gestion des patrimoines architectural et industriel que représentent l’abbaye et les anciennes mines de bauxite  coûte cher à l’État, aux collectivités et à la société minière Rio Tinto toujours propriétaire des mines malgré l’arrêt de

son activité.

 

• enfin, une partie de l’Histoire monacale, minière, agricole et singulière du territoire s’oublie peu à peu masquée et  parfois enfouie sous un épais écran boisé.

 

Révéler par le paysage les traces et les richesses enfouies, cachées ou oubliées de ce patrimoine historique  permettrait de répondre à l’ensemble des enjeux du territoire, agricoles, forestiers, économiques et paysagers. Cela passe par quatre actions concrètes :

 

1. SCULPTER LA FORÊT

• Compléter la gestion forestière, menée jusqu’alors par l’Office Nationale des Forêts, par du sylvopastoralisme  (chèvres) pour prévenir et lutter contre les risques liés aux incendies de forêt.

• Installation d’un patchwork de cultures (vignes, truffière, verger, plantes aromatiques) au nord de l’abbaye (face  exposée au vent dominant, le Mistral), un pare-feu efficace contre les incendies de forêt.

• Enrichir les milieux grâce à un défrichement raisonné de la forêt.

 

2. CHEMINER

• Permettre de découvrir l’ensemble du territoire et favoriser le déplacement des agriculteurs à travers un réseau de  chemins mixtes de promenade et d’exploitation

 

 

3. CRÉER DES POINTS D’APPELS SUR LES ÉLÉMENTS STRUCTURELS PAYSAGERS DU TERRITOIRE THORONÉEN  • Construction de la chèvrerie en lieu et place d’un ancien hangar minier, visible depuis la route

• Révéler le caractère artificiel et le sommet d’un ancien terril minier, véritable belvédère sur l’abbaye, le territoire  thoronéen, le Haut-Var et les pré-Alpes.

• Ouvrir l’accès et rendre accessible la fosse de la mine de Peygros qui renferme un lac minier

• Rendre lisible et franchissable le ruisseau du Tombereau, colonne vertébrale de l’abbaye et du territoire

 

4. CRÉER DES RUPTURES D’AMBIANCES VÉGÉTALES

• S’appuyer sur le potentiel foncier présent pour accueillir de nouvelles pratiques agricoles et singulières sur le  territoire: installation d’une chèvrerie aux portes des mines, installation d’un cultivateur de Plantes Aromatiques et

 

 

Médicinales au sein même et aux abords proches de l’abbaye. Ce sont des filières agricoles en déclin, adaptées  aux besoins et exigences du territoire thoronéen.

• Installation d’un patchwork de cultures au nord de l’abbaye: une vitrine des savoir-faire agricoles sur le territoire et  un moyen de révéler et d’entretenir une face cachée en ruine de l’abbaye jusqu’alors inaccessible au public.

• Favoriser, accélérer par un travail spécifique du sol et un suivi régulier, la dynamique de développement de la  végétation spontanée , diversifiée et autochtone présente sur les sols miniers. Cette végétation contribue à stabiliser

les sols soumis à une forte érosion.

 

Ce projet global de territoire auquel le paysagiste prend part en tant que chef d’orchestre, pourrait dans ce cas  être porté par la Communauté de Commune Coeur du Var. Il consiste, notamment à travers l’aide d’outils politiques

et fonciers à disposition, à fédérer l’ensemble des acteurs locaux, privés (agriculteurs, Rio Tinto) et publics (Office  Nationale des Forêt, Centre des Monuments Nationaux), qui contribueraient à la valorisation, la préservation et le

développement paysager, touristique et économique de leur territoire. Ainsi, on pourrait imaginer la création d’un  nouveau label, un Parc Naturel Local, à l’image du modèle de fonctionnement des Parcs Naturels Régionaux mais à

une échelle plus réduite. L’ensemble s’articulerait autour d’un seul et même socle, les anciennes mines de bauxite de  Peygros et l’Abbaye cistercienne du Thoronet.

 


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LA RECONVERSION DES SITES INDUSTRIALO-PORTUAIRES

AU BORD DE L’ESTUAIRE DE LA LOIRE

                                                                       

L’ensemble insulaire, ou comment contribuer à la mutation du quartier du Bas-Chantenay, à Nantes

                                                                       

Le du Bas-Chantenay se situe à l’extrémité du Sillon de Bretagne : linéaire topographique courbant la Loire fluviale qui y devient alors estuaire (ou Loire maritime). Le site se trouve donc là où convergent les quatre plus grands  monuments de la géographie locale : le Sillon de Bretagne, la Loire fluviale, l’océan Atlantique, et Nantes.  

 

Les problématiques liées à l’estuaire ne manquent pas. Depuis l’implantation du port, le lit fluvial a sévèrement été  creusé, concourant à l’assèchement du lit majeur et à l’effacement progressif du paysage estuarien.

 

Les violents à-coups des marées, formellement contenus dans le lit mineur, dégradent rives et quais. Le projet s’atèle donc à créer  de nouveaux espaces d’expansion des eaux, afin de freiner ces forces destructrices et d’amorcer la préservation de tout un paysage bien singulier.  

 

Le site a aussi développé un caractère insulaire intéressant. Il s’est isolé des caprices naturels du fleuve par remblais  successifs, ainsi que du coteau gentrifié du Sillon de Bretagne par sa forte histoire industrielle et portuaire. J’aime alors penser le Bas-Chantenay comme une cinquième île à Nantes, mais estuarienne, annonçant l’océan.

 

Sous le thème   de l’insularité, l’idée est  d’exprimer un paysage  d’eau jusqu’au pied du       relief, affirmant    le  détachement du coteau, par la gestion des eaux marines, fluviales et pluviales.

 

Sont alors pensés : de nouveaux espaces d’expansion des eaux où vient s’étaler deux fois par jour la marée ; de  grandes et larges noues récoltant les eaux de ruissellement du coteau et réceptionnant les débordements fluviaux. ; un parc central remplaçant à long terme la gare de triage, devenant le vaste réceptacle des eaux pluviales et  maritimes, et révélant le mouvement perpétuel des nappes d’eau qui battent les sous-sols alluviaux in situ.

 

 

Le projet montre ainsi la véritable position du quartier par un paysage fluctuant.  En cas de débordements fluviaux, on y obtient donc : une première « île » résidentielle et inondable au plus près de la Loire, une deuxième fermement industrielle en pied de coteau et une troisième, « sur le fleuve », où viendra  s’étendre la ville de demain.  

 

L’insularité permet ici de repenser l’interface « ville / fleuve » ; d’affirmer le détachement du coteau (ce dernier  devenant   structurant) ; de remettre Nantes dans son contexte hydrographique ; et de créer une  nouvelle vdestination pour la ville.

 

 

« L’estuarité » repositionne Nantes dans son contexte de confluences (océan Atlantique / Loire fluviale / Sillon de Bretagne).  

 

L’inondabilité, déjà existante, rend lisible la position estuarienne / maritime, en réinstallant les Nantais aux plus près  des aléas fluviaux.

 

Enfin, le projet intègre une vision durable : compensation des volumes « déblais / remblais », dépollution des sols et surtout, anticipation de l’élévation du niveau des océans. Il s’agit ici de faire accepter la menace, d’en faire un  atout, car habiter la Loire, c’est aussi habiter des forces qui nous échappent.

 


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LE DROIT AU PAYSAGE A SEVRAN

 

Dans une ville sans budget, l'action du paysagiste peut être de proposer un réseau d'espaces jardinés basé sur les pratiques sociales et la matrice du vivant.

Le projet s’inscrit dans une dimension temporelle organisée en cinq ''programme-action'' sur des échantillons de territoire donnés. Le plan masse émerge à la fin du processus de création comme un témoignage de l'expérience collective du terrain.

 

LES BERGES DU CANAL

Ce travail s’affiche comme un programme de recherches et d’actions artistiques. Les emplacements sont investis par un chantier d'insertion, des collectifs d'artistes et une équipe de jeunes des quartiers associés à des étudiants en paysage. Des modules en bois font office d'assise, de points d’observation de la nature, de solarium ou d'aire de jeux. Un embarcadère est construit sur une rampe de mise à l'eau pour acheminer les productions locales au cœur de la capitale.

 

 

PARTEZ D'UNE FRICHE, OBTENEZ UNE NOYERAIE

Une lecture in-situ permet de repérer un jardin sous-jacent. Une centaine de noyers juvéniles sont inventoriés. Dans un soucis de moindre coût, tirer partie du vivant fait apparaître le projet. Les acteurs-jardiniers font émerger la noyeraie. La récolte des premières noix dicte l'entrée en scène du pressoir intercommunal qui devient l'objet symbolique du verger.

 

 

DE LA GRAINE AU PAYSAGE

Il s'agit de développer une pépinière expérimentale de plantes sauvages. Un ample bas-côté de route est semé par genre, par espèce et par continent d'origine. Le semis est l'outil fondamental du processus de création et fait appel à la gratuité du vivant et à l'inventivité du jardinier. Cet index botanique est à la fois une banque de graines, un espace de préservation de notre patrimoine vivant et d'observation du monde enthomologique. Des ''paniers des cinq continents'' sont distribués aux habitants et acheminés par voie d'eau au bassin de la Villette via le canal de l'Ourcq.

 

SOUS LE BITUME, LE JARDIN

Le droit au jardin va de pair avec le droit au logement. Le socle des tours est investi par les habitants. Une délégation de jardiniers est constituée et accompagnée par le bailleur, des collectifs, des graphistes et des paysagistes. Le futur jardin est dessiné à même le sol. Les ''acteurs-sculpteurs'' ouvrent le bitume qui laisse place au jardin vivrier, lieu de rencontre intergénérationnelle.

 

LES FABRIQUES ITINÉRANTES

Elles permettent de savourer les interstices de la ville. Le mouton, outil de valorisation des pieds d'immeubles, permet de gérer les espaces délaissés. La miellerie ambulante récolte les miélées sur les toits d'immeubles. Le confiturier est un cortège constitué de glaneurs-cueilleurs et révèle l'arrière-cour vivrière des parcelles privées. Il traverse les zones pavillonnaires pour récolter le surplus de fruits de 4500 jardins.

 

Agir à Sevran, c'est militer pour le ''droit au paysage'' et la gratuité du vivant. C'est tirer parti de l'existant et du désir des acteurs locaux avant de se lancer dans des opérations coûteuses et sans garantie de résultat. Ainsi, la ville de Sevran devient aussi fertile que sensible.

 


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Rouen // La gare,

l’opportunité d’une nouvelle mise en Seine

 

La ville de Rouen, forte de son dynamisme, attache un intérêt particulier autour de la mobilité

Un nouveau projet se dessine depuis quelques années, l’arrivée d’une nouvelle gare sur la rive d’en face. Ce projet de gare est l’occasion pour moi de me confronter à un projet de paysage axé autour du déplacement, du flux, et des usages.

 

Le paysage du franchissement

 

Ce projet de gare doit être pensé comme un nouveau système d’espace public reposant sur l’interaction entre plusieurs entités ; le paysage de la Seine, l’habitat et le nouveau flux ferroviaire. C’est l’occasion de porter une réflexion paysagère et urbaine cohérente sur l’ensemble de la ville.

 

Les contours d’une nouvelle géographie

 

La nouvelle gare va venir s’implanter sur les quais bas, au même niveau que la Seine. Cette posture offre une nouvelle manière de se tenir face à la Seine et une nouvelle relation de la Seine avec ses rives. L’arrivée de ce projet de gare sur la rive gauche, en bordure de Seine, est l’occasion de trouver une nouvelle façon de faire communiquer les deux rives, en plaçant le seine au coeur du projet. Et en réaffirmant sa présence comme une centralité, qui pourrait devenir la nouvelle caractéristique identitaire de la ville. Le réaménagement des rives de la Seine va permettre de construire les usages futurs et de renouer des rapports privilégiés avec la Seine. Et ainsi de créer une nouvelle interaction entre l’homme et la nature, à travers la mise en commun d’un nouveau patrimoine culturel, que l’on pourrait désigner comme le patrimoine culturel Seinois.

 

 

Rouen, une ville assis entre deux rives

 

C’est bien plus qu’un simple projet de gare, mais un projet de territoire axé autour de la Seine. Cette nouvelle gare a plusieurs objectifs, créer un quartier d’affaires pour développer l’offre d’emplois tertiaires, développer le réseau de transports en commun à l’échelle de l’agglomération et construire un nouveau quartier mêlant habitation, emplois, espace public et équipements.

 

Ce projet est aussi l’occasion d’avoir une réflexion globale sur la mobilité dans la ville de Rouen. La physionomie de la ville et les moyens de transports en commun mis à la disposition des Rouennais permettent de proposer une nouvelle manière de se déplacer, à 5 km/h (vitesse du piéton) et ainsi de pacifier le coeur de la ville.
Or la Seine c’est le coeur de la ville.

 

Cette réflexion est l’occasion de proposer une autre manière d’utiliser sa voiture en favorisant la multimodalité. Comment recréer un front de Seine à l’échelle du piéton, 5 km/h ? Une infrastructure aussi contraignante qu’une gare ( coupure, bruit, sécurité,…) peut-elle accepter la porosité nécessaire à la respiration entre les fonctions urbaines ? Entre la ville et la Seine ? Comment faire pour que la Seine redevienne synonyme de vie, de terrain d’aventure et de détente au quotidien ?

 

Concept : Quai de gare // Quai de Seine // Quai de ville (vivre à l’oblique // Un sol à vivre)

 

Claude Parent développe le concept d’un nouvel ordre spatial, la fonction oblique ou plan incliné. C’est une nouvelle manière de prendre possession de l’espace territorial. La circulation est associée à l’habitation, l’enchaînement de ces plans inclinés constitue le plan de fixation des hommes. La ville actuelle dissocie les deux fonctions de base, circuler et habiter. Ce projet de gare doit accueillir ces deux fonctions.

 

Comment produire un nouveau mode d’investissement de l’espace vécu ? Et faire en sorte, que ce projet de gare sur dalle habitable, accepte la porosité nécessaire à la respiration, entre les rives de la Seine, la gare et le quartier Saint-Sever. Une structure, sous forme de plan incliné, vient prendre appui entre le haut de la dalle habitable et le socle de la ville. Ce nouveau modelé offre une multitude de connexions entre le quartier / la gare / la Seine. Il se compose de deux rampes, une à 8 % et une autre à 4 %, permettant deux temps de parcours. Il existe un choix permanent du parcours.

 

Entre tactilité et motricité, le poids de l’homme est ressenti et exprimé sur une pente. On a une lecture changeante du lieu. Les rives de la Seine deviennent un paysage vécu. Les trois hauteurs de la rampe permettent une mise en scène urbaine des Rives de la Seine. Le sol se soulève, se creuse, se dresse. La montée et la descente sont sources d’émotion et de sensation. Son emplacement au coeur de la ville et sur le bord de Seine en fait un lieu incontournable et central. Elle génère toute une nouvelle trame d’espaces publics en lien avec la mobilité, les loisirs, la rencontre, le partage.

 


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Rencontre improbable entre espace projeté et espace du quotidien

Le Grand Belcier – Bordeaux sud

 

 

Comment est conçue la ville de demain ?

Cette question a jalonné mes premières réflexions pour ce diplôme de fin d’étude.

 

Pour amorcer une réponse je me suis intéressée aux premières images de la ville du futur que je connaissais le mieux : les images de la science-fiction. Cette première analyse entre les villes fictionnelles et les projets urbains aux airs futuristes, a fait émergée les notions importantes d’utopie (le non lieu) et d’eutopie (le bon lieu).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai donc entrepris ce travail personnel en choisissant un morceau de ville en construction dont j’ai essayé de comprendre ses processus de fabrication. J’ai examiné le vaste projet urbain Bordeaux Euratlantique dans sa première phase St Jean Belcier. Ce projet est inscrit dans une Opération d’Intérêt National gérée par un établissement public d’aménagement.

 

Au travers des analyses des différents discours, des documents graphiques et techniques et de mon analyse du terrain, je suis arrivée à la conclusion qu’il existait, entre autres, des écarts à la fois entre les discours et le projet, entre la ville projetée et la ville existante mais aussi entre les discours et la réalité de la ville existante.

 

Cette analyse fut compliquée car l’accumulation de documents produits, des documents officiels aux revues de presse, en passant par quelques entretiens, aurait pu être un frein. Le fait de pouvoir les comprendre dans une chronologie et les uns par rapport aux autres a permis de tirer les thèmes récurrents de ces écarts.

 

J’ai synthétisé ces points en quatre parties :

  • La dénomination du lieu : les différents acteurs se contredisent et ne parlent pas toujours des mêmes espaces en utilisant souvent le même langage et vice versa.
  • Qui fait la ville ? Un débat permanent entre habitants, politiques et aménageurs surtout dans cette décennie qui met sur un piédestal le concept de «participation».
  • L’échelle temporelle du projet : la prise en compte des différents temps du projet est souvent confuse dans les discours et dans les faits. Pour comprendre au mieux ce thème, je le compare avec le projet de l’Ile de Nantes.
  • Le dernier thème, discute des écarts entre la ville projetée et la ville existante, notamment autour des espaces publics. Le projet en cours projette un nouveau réseau autour des espaces de mobilité (Vélo intermodal Piéton) qui ne se raccroche pas toujours au réseau existant.

L’analyse de la «machine» Euratlantique m’a donc permis d’avoir un regard sur ce projet urbain et sur un site en projet.  

 

Dans un deuxième temps, en prenant en compte le programme Euratlantique réinterrogé et les besoins des habitants, j’ai proposé une alternative par un projet d’espaces publics.

 

Ma réflexion a pour but de révéler les situations existantes porteuses de projet et d’en souligner les qualités via une mise en scène ou simplement une mise en valeur en réfléchissant sur le concept d’économie de projet.

 

Ce projet ne considère en aucun cas tout le site, il met juste en réseau des espaces publics qui structurent un vaste projet urbain en connexion directe avec la ville existante.

 

 


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LES TRAJECTOIRES MULTIPLES D’UNE INFRASTRUCTURE

LE CANAL SEINE-NORD-EUROPE : UN PAYSAGE EN DEVENIR

 

 

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1 – Le paysage du canal

 

            Le canal est un moyen efficace de transport de marchandise. Le rendement énergétique est excellent mais l’infrastructure suppose une profonde transformation des territoires. Le terrassement, la justesse du tracé et l’équilibre entre remblais et déblais fabriquent l’économie du projet. Cette négociation entre infrastructure et territoire constitue le cœur de ce travail.

 

2 – Le maillon manquant d’un réseau de transport

 

            Chaque phase de l’histoire des canaux voit se cristalliser une adéquation entre système de production, nature de l’énergie motrice et enfin, progrès technique. Aujourd’hui, l’essentiel de la marchandise consommée provient d’Asie par l’intermédiaire des ports d’Anvers et de Rotterdam. Le canal Seine-Nord-Europe correspond à la volonté politique de relier efficacement le bassin parisien à ces grands ports du nord, insufflant au passage un dynamisme nouveau à des régions industrielles sinistrées.

 

3 – S’appuyer sur la diversité des paysages

 

            Au regard des dimensions de l’ouvrage : soixante mètres en section courante et des écluses qui négocient une différence d’altimétrie de vingt mètres, le canal Seine-Nord Europe paraît introduire une brusque rupture d’échelle au regard des paysages traversés. Le tracé de l’infrastructure est reconsidéré en prenant appui sur une connaissance fine du milieu (qualité des sols, cortège végétal, systèmes agricoles ...) afin d’offrir une structure polyvalente apte à évoluer dans le temps.

 

 

4 – Une opportunité pour les territoires

 

            Le projet poursuit un quadruple objectif :

a. Devenir vecteur de dynamisme pour l’agriculture et la foresterie. Le travail sur la topographie et le réseau hydrographique fait émerger de nouvelles perspectives.

            b. Un canal à vocation urbaine. Le canal devient une respiration pour la ville, une ossature paysagère qui permet d’orienter l’urbanisme à venir.

            c. Un espace de loisirs. L’infrastructure propose une multiplicité d’usages. Sur l’eau, le transport de marchandise se mêle au tourisme fluvial. A terre, activités portuaires, pêche, promenades et simple flânerie se conjuguent.

            d. Un lieu de mémoire qui anticipe le devenir de l’ancien canal du Nord.

 

5 – Trois séquences

           

            La ville de Noyon est la première agglomération amenée à se transformer en plateforme multimodale. La présence de ce port à flanc de coteau combinée à l’implantation de la deuxième écluse du parcours rend la situation riche et délicate.

Le franchissement de la Somme par un pont-canal en vis à vis de la ville de Péronne constituera le deuxième temps de la réflexion. Ici la croissance urbaine doit composer avec le caractère inondable et l’alimentation en eau du bief supérieur.

Enfin, la forêt d’Havrincourt, point culminant du parcours doit négocier un écart de trente mètres avec le terrain naturel au-dessus puis en-dessous de la voie d’eau. L’infrastructure, qu’elle soit routière ou fluviale peut participer à une scénographie du grand paysage.­­

 


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Le paysage comme support de développement d’un territoire en déshérence.

Le renouveau de la Carelle, secteur menacé et délaissé de Villeneuve-Le-Roi.

 

 

 

La Carelle, zone industrielle de 150ha, s’inscrit dans un tissu urbain dense à proximité de grandes  infrastructures comme le RER C, l’aéroport d’Orly, la Seine et m’a semblé être porteur d’enjeux de  développement dans le sud parisien en pleine mutation.

 

Ce site s’est dvelopp  en marge de la ville autour de darses d’une étendue de 16ha, dernières traces d’anciennes sablières ayant impulsé le développement urbain à la fin du 19è s. Accessible en 15mn de RER depuis le centre de Paris, ce lieu est en partie à l’abandon et en rupture totale avec son environnement. Il est pourtant implanté sur  un paysage remarquable, porteur d’ambiances variées et présente intrinsèquement toutes les qualités qui permettraient d’en faire un lieu exceptionnel. 

 

 

Situé  en zone inondable, dans l’axe du couloir aérien d’Orly, il fait l’objet de nombreuses menaces :  survol r égulier d’avions, sols pollués, risques d’accidents industriels et d’inondations. Les espaces délaissés s’y multiplient alors qu’à proximité immédiate, la ville poursuit la construction de nouveaux  logements. Cela nous donne une impression de grand désordre au cœur duquel se trouvent les darses, insoupçonnées et inaccessibles, dont la poésie et la beauté contrastent fortement avec la  morosité ambiante.

 

De par les contraintes urbanistiques engendrées par l’aéroport, la partie nord de ce site se trouve être une des dernières réserves foncières de Villeneuve-le-Roi. 

 

L’objectif de ce travail était de faire émerger dans le temps une ossature paysagère en réorganisant  l’espace autour des darses r évélées afin de rendre possible l’installation de la ville qui s’amorce déjà sur ce territoire en attente. 

 

Trois typologies d’espaces dessinent ce projet  ouvert sur  la ville et sur   la vallée de la Seine.

 

  • Premièrement, la   restructuration de   la   trame urbaine permet de   raccrocher le site à son environnement, de le redécouvrir et de démontrer son plein potentiel. Le travail du relief étant au cœur de projet pour répondre aux risques d’inondation, un jeu de déblais-remblais permet à la fois de créer des espaces ouverts en partie submersibles en bord de darses et l’installation hors d’eau des  constructions à venir.           

 

En parallèle les espaces de prairies se multiplient et les végétaux sont sélectionnés pour permettre la dépollution des sols.

 

 

  • Enfin, le développement de la végétation est  accompagné sur le terrain de la Pierre-Frite de façon à tendre vers l’installation d’une forêt urbaine sur ces 8ha de friches inconstructibles.

 

Croiser les différentes échelles de temps qui ont transformé ce lieu, les formes paysag   res d’avant  l’industrialisation, le dclin de l’activit  et les menaces actuelles, m’a permis d’avoir une lecture globale du site dans la plaine du fleuve. J’ai pu discerner l’unité   de cette dernière, qui m’est d’abord  apparue comme un territoire fragmenté. Cela a permis l’émergence d’un système ouvert permettant de nouvelles relations territoriales et ouvrant la porte à d’autres initiatives.

 


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UN CANAL À LA MARGE

Le canaL Saint-DeniS : D’ un territoire frontaLier à une LiSière habitée

Le canaL Saint-DeniS, à La Découverte D’ un territoire frontaLier encore méconnu.

 

Traversant le Nord de Paris, le canal Saint-Denis est aujourd’hui encore méconnu. Une situation éphémère dans une  métropole parisienne en demande d’espaces ouverts. Lieu hybride, ni tout à fait la ville, ni tout à fait la campagne, ni  tout à fait une zone industrielle, territoire de juxtapositions, de confrontations, il porte en lui l’identité du territoire qu’il traverse.

 

Bordé par la plaine Saint-Denis, ville en mutation, le canal est une ligne immuable dans un territoire en  perpétuels mouvements, où toutes les cartes sont vite obsolètes. L’expérience s’ est immédiatement rendue nécessaire pour connaître le lieu.

 

La première étape a donc été de partir à la découverte de ce canal, afn de révéler son identité et  défnir son rôle dans le territoire de demain, pensant qu’il ne doit pas forcément subir les transformations de ses abords mais bien au contraire les infuencer.

 

Le canal s’est alors révélé être en situation d’arrière-cour, l’envers du décor de la ville, parfois inhospitalier. Mais également  un lieu riche de différents paysages, rythmés par ses ponts, et en dehors des rythmes frénétiques de la métropole perçus par les grandes infrastructures qui traversent la Plaine. Par sa situation, le canal est devenu un espace de refuge pour de  nombreuses pratiques, activités et populations rejetées des centres urbains.

 

Le tempS Du projet: tranSformation D’une frontière en LiSière habitée.

 

 

Riche de toutes ces récoltes, vient ensuite le temps du projet, avec l’ envie et la nécessité d’aller plus loin, plus loin que  les rives du canal. Ce dernier est aujourd’hui perçu comme une frontière entre les deux rives lui tournant le dos, au nord  les anciens quartiers, au Sud la Plaine Saint-Denis en renouvellement urbain. Le canal, entre les deux, devrait être un  lieu de rencontres et d’échanges, tout en préservant ses qualités d’arrière-cour.

 

Le projet  met alors en place un archipel de parcs créant des transversales le long du canal. Donnant une limite au front  urbain, le canal prend la forme d’une lisière qui en s’épaississant préserve un écart entre les villes densifées. Le lien entre  les rives se fait par le vide, par les espaces ouverts. La lisière créée préserve et met en valeur les activités et les paysages  de la Plaine, orchestrant les  juxtapositions entre habitants, artisans, industriels, promeneurs, et grandes infrastructures  traversant le territoire.

 

Les quais, eux, sont rendus plus hospitaliers, tout l’enjeu étant la juste intervention, trouver l’intermédiaire, l’équilibre  entre des espaces délaissés, parfois inhospitaliers, refuge pour tout ce que la ville rejette; et des espaces urbains amé-  nagés, sécurisés, où les usages sont limités. Par de légères interventions il devient un lieu de loisirs, de détente, où l’on  retrouve le plaisir des guinguettes au bord de l’eau, des grandes fêtes, et des promenades du dimanche que permettait la  grande Plaine d’autrefois.

 


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Intégrer les principes agro-écologiques

dans la conception d’un parc urbain

Pour une approche écosystémique de la nature en ville

 

 

Dans un contexte de plus en plus urbain, comment les citadins du XXIe siècle réinventent-ils leur rapport à la nature et au vivant ? Point de départ de la réflexion développée à travers ce projet de fin d’études, ce questionnement interpelle à la fois des faits de société et la pratique des paysagistes contemporains, face au triptyque Ville-Nature-Agriculture.

 

Au cœur des réflexions actuelles sur le système agricole français, l’agro-écologie présente des réponses de fond pour le développement d’une agriculture durable, associant le développement agricole à la protection de l’environnement. En quoi l’approche agro-écologique inspire-t-elle une nouvelle conception de la nature en ville ? Bien plus qu’une discipline scientifique, l’agro-écologie est un mouvement et une pratique de terrain qui prône une approche holistique, sociale et durable. L’approche agro-écologique appliquée au milieu urbain s’appuie sur une vision écosystémique de la nature en ville. Développée à travers le projet de paysage, elle questionne la notion de nature urbaine dans sa dimension écologique, nourricière, esthétique et culturelle.

 

 

Mon travail de recherche s’est organisé en trois volets.

Dans un premier temps, il s’agissait de définir les attentes sociales en terme de nature urbaine et la notion d’agro-écologie appliquée à l’urbain. Cette mise en relation permet d’esquisser une nouvelle forme de nature urbaine, qui répond à la fois aux désirs des citadins et aux enjeux d’aménagement urbain.

 

Dans un second temps, la déclinaison des principes agro-écologiques est présentée et analysée à travers le projet du futur parc Nelson Mandela à Saint-Priest (69). Ma participation à la réflexion et la conception de ce concours au sein de l’agence lyonnaise In Situ m’a permis d’appuyer cette réflexion menée en parallèle à travers la notion de parc-écosystème. L’image du parc urbain comme support d’une nature singulière, dynamique et productive met ainsi en relation espaces publics, citadins et nouvelles pratiques urbaines.

 

Enfin, la dernière partie fait la synthèse entre projet agro-écologique et projet de paysage, mettant en évidence le rôle du sol dans l’aménagement de l’espace urbain et la constitution d’une nature urbaine « fertile », les enjeux d’une co-construction du projet urbain à différents niveaux et l’intérêt d’adopter une démarche de projet qui intègre des compétences multiples et inter-disciplinaires. Le devenir des principes agro-écologiques dans le projet urbain est interrogé à travers divers exemples et propositions, préfigurant de nouveaux modes de vie et formes urbaines.

 

Ainsi, la réflexion sur la place de la nature dans la ville contemporaine passe par une vision renouvelée des projets urbains et agricoles, en défendant la possibilité d’inventer des paysages à la fois productifs et ouverts à d’autres usages, devenant ainsi porteurs de développement urbain et initiateurs de nouvelles esthétiques.

 


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LE CHANTIER

 

La fabrication de l’espace aujourd’hui est une implosion, qui concentre et disperse en même temps. Le chantier est ce moment paradoxal de la fragmentation spatiale, temporelle, sociale, économique et sa concentration absolue. La pensée académique est mise en échec. Il faut essayer un autre mode de pensée, moins linéaire, plus modulaire, il faut déconstruire la pensée rationnelle et totalisante. Entrons plutôt dans le système en implosion. Pour ça, il faut bien en passer par une déconstruction préalable pour voir ce qu’il reste. Il ne s’agit pas de rechercher l’exhaustivité – le système n’a ni début ni fin – mais plutôt de mettre ma pensée à l’épreuve, de produire un processus singulier, autonome, subjectif.

 

Le travail sur le territoire de Bordeaux Nord et sur le chantier de l’éco-quartier Ginko a été mené selon une méthode accumulative et discontinue. Face à un territoire archétype de l’espace urbain par son artificialité, face à un processus de fabrication séquencé, segmenté, morcelé dans le temps et dans l’espace, il faut adopter un mode de pensée a-centré, discursif, fragmentaire, mettre en place un système de réflexion en rhizome, selon la définition qu’en font Deleuze et Guattari : en prenant l’image du rhizome, il s’agit d’atteindre un certain degré d’hétérogénéité, de multiple et de mobilité de la pensée.

 

 

Ce travail est donc construit sur une accumulation de fragments écrits qui sont traversés indistinctement par le relevé d’éléments physiques liés au territoire, à la matérialité du site ; par des notions historiques et des projections dans le discours sur la ville afin de situer la réflexion dans un cadre temporel extensif ; par des propositions dépassant le cadre analytique pour amener à projeter sur l’existant ; par des références diverses permettant de mettre en réseau la réflexion avec une pensée théorique sur la production de l’espace ; par des éléments d’ordre fictionnel, projetant la situation actuelle dans l’espace du possible afin de mettre en perspective la plasticité de l’espace et l’imbrication entre réel et virtuel.

 

Ma vision du paysage se veut dynamique. Je le regarde comme un processus toujours en cours, inscrit dans l’espace et dans le temps. Je voudrais abolir la limite entre analyse et discours, entre espace physique et image, entre réalité et fiction.

 

Le paysage est fait d’une matière qui est à la fois physique et fictionnelle. Elle est plastique, support au récit, support à la création. Le projet académique – et tant attendu – j’ai du le dispersé, non pas le considérer comme l’aboutissement, la conclusion, le point d’orgue d’un travail d’analyse rondement mené, mais l’inscrire au sein du processus de réflexion. Le projet émerge au milieu du cheminement, ça n’est pas une impasse mais une voie nouvelle qui s’ouvre, ça n’est pas une réponse mais une bifurcation potentielle. Ça n’est pas la promesse d’un avenir meilleur mais une fiction qui peut aussi bien réinventer le futur (comme l’on nous l’apprend à l’école) que le modifier en transfigurant le passé, en rétro-projetant.

 


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Les nouvelles esthétiques de l’eau

dans les parcs urbains contemporains

 

 

L’eau est un élément essentiel dans l’origine, elle a trouvé sa place dans les parcs et jardins grâce à sa valeur vitale. Au cours des siècles, l’homme a exploité cette ressource à des fins esthétiques.

 

Moteur de l’urbanisation préindustrielle, l’eau est peu à peu devenue un moyen de nettoyer la ville. Contaminée par les déchets urbains, elle provoque de nombreux problèmes d’hygiène et doit être évacuée hors de la ville. Pour cela, on voit apparaître le tout-à-l’égout, qui draine les eaux polluées.

 

 

Aujourd’hui, le “ tout tuyau” étant vecteur d’inondations et de pollutions des milieux naturels, des techniques alternatives se développent. Privilégiant l’infiltration au plus proche du point de chute de l’eau pluviale, ces techniques s’insèrent dans le milieu urbain via les parcs et jardins. Ces lieux hybrides, mi-parcs mi-équipements d’assainissement sont propices à l’apparition de nouvelles esthétiques.

 

À travers trois exemples, on découvre que ces nouvelles esthétiques héritent des formes du passé mais répondent aussi, et surtout, à des demandes sociales contemporaines : des aménagements durables, une amélioration du cadre de vie, des besoins de nature mais également un retour vers une mise en valeur du cycle des saisons.

 


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Edition 2016

EDITION 2016

Le règlement est en ligne.

 

 

 

 

27 dossiers de candidature ont été reçus 

 

La Remise des prix aura lieu le 25 novembre

à 19h00, à la Maison de l'Architecture en Ile-de-France

(148 Rue du Faubourg Saint-Martin, 75010 Paris)

 

 


 

LE PREMIER BAL DES PAYSAGISTES CONCEPTEURS

Il aura lieu à la suite de la Remise des Prix 2016

dans la Chapelle de l'Ancien Couvent des Récollets

Co-organisé par l'UFEP et la FFP Ile-de-France

 

 


 

EDITION 2015

Catalogue des sélectionnés 2015

 

Les travaux de fin d'étude des lauréates et autres nominés

 

 
Dernière modification : 08/11/2016